Phoque commun
Espèce
P. vitulina
Ordre
Carnívora
Famille
Phocidae
Danger d’extinction
Faible risque (Préoccupation mineure)
Le phoque commun (Phoca vitulina), également connu sous le nom de phoque du port, est une espèce largement répartie le long des côtes de l’hémisphère nord. Reconnaissable à son pelage tacheté et à sa tête ronde, ce phoque est un excellent nageur qui se nourrit de poissons, de mollusques et de crustacés. Son comportement sociable et adaptable en fait un sujet d’étude et d’observation fascinant dans son habitat naturel.
Sa tête est ronde et dépourvue d’oreilles externes, et il possède des moustaches appelées vibrisses, qui lui permettent de détecter tout mouvement dans l’eau. Son pelage gris tacheté peut varier du plus clair au plus foncé selon la concentration de mélanocytes. Sous la peau, il présente une épaisse couche de graisse qui lui procure énergie et isolation. Il est physiquement adapté pour maximiser la propulsion lors des plongées. Ses nageoires sont palmées, avec cinq doigts terminés par de fortes griffes. Pour la vitesse et l’agilité sous l’eau, il utilise ses nageoires postérieures et des mouvements ondulatoires du corps. Les mâles adultes mesurent généralement entre 1,5 et 1,9 m de longueur et pèsent entre 60 et 160 kg, tandis que les femelles mesurent entre 1,3 et 1,7 m et pèsent entre 50 et 105 kg. Il existe également des variations de taille selon la région géographique : les phoques d’Alaska et du Pacifique occidental sont plus grands que ceux de l’Atlantique et du Pacifique oriental. Sa période de reproduction varie de mars à septembre, et après une gestation de 10 à 11 mois, naît un seul petit pesant de 8 à 12 kg. Après la saison de reproduction commence la mue, un processus durant lequel le phoque renouvelle son pelage pour restaurer son imperméabilité.
Les phoques communs possèdent un système respiratoire et cardiovasculaire adapté pour supporter de longues immersions. Ils peuvent ralentir leur rythme cardiaque et diriger le flux sanguin vers les organes vitaux pendant les plongées, leur permettant de rester sous l’eau jusqu’à 30 minutes dans des cas extrêmes. Ils utilisent des vocalisations et des comportements physiques pour communiquer entre eux, notamment pendant les périodes de reproduction et de mue. Ils ont une excellente vision sous l’eau et une bonne ouïe, à la fois dans l’eau et dans l’air, ce qui les aide à détecter leurs proies et leurs prédateurs. Leurs vibrisses sont extrêmement sensibles et peuvent détecter les plus légères vibrations dans l’eau, les aidant à chasser même dans des conditions de faible visibilité. De plus, leur peau épaisse et grasse leur procure non seulement une isolation thermique, mais aussi une réserve d’énergie lorsque la nourriture se fait rare.
En mer, on observe généralement les phoques seuls, bien qu’ils puissent parfois former des groupes pour se nourrir lorsque la concentration de proies est élevée. Les phoques peuvent montrer des comportements coopératifs pendant la chasse, surtout dans les zones où la densité de proies est importante. En plus des zones côtières, certaines populations peuvent migrer vers des eaux plus profondes et plus froides à certaines périodes de l’année pour suivre la disponibilité des proies. Dans certaines régions, les phoques communs ont appris à suivre les bateaux de pêche pour profiter des restes de poissons. C’est une espèce généraliste qui se nourrit d’une grande variété de poissons, de céphalopodes et de crustacés. Son régime est très varié et influencé par les changements saisonniers dans l’abondance des proies. Ils chassent principalement près des côtes, à des profondeurs inférieures à 100 m, bien que des plongées allant jusqu’à 480 m aient été enregistrées en Alaska.
Les phoques communs vivent principalement dans les eaux côtières et se trouvent fréquemment dans les baies, les estuaires et les zones intertidales. En général, ils restent proches de l’eau pour pouvoir fuir rapidement en cas de menace. Dans leurs habitats, les phoques utilisent des terriers et des grottes pour se réfugier, et on les voit souvent se reposer sur des rochers ou des plages de sable. Lors des migrations, ils peuvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour trouver des zones riches en nourriture. Leur capacité à s’adapter à différents habitats et sources de nourriture les rend résilients, bien qu’ils restent vulnérables à la perte d’habitat et à la pollution. Les phoques présentent également un comportement de thermorégulation : ils se rassemblent en grands groupes pour conserver la chaleur dans les climats froids ou se dispersent et se reposent dans des eaux plus fraîches pour éviter la surchauffe par temps chaud.
Le lait maternel des phoques communs contient près de 50 % de graisse, ce qui permet au petit de grandir rapidement et de devenir indépendant après 4 à 6 semaines. Ainsi, le sevrage se produit plus tôt et la mère et le petit passent moins de temps à terre, exposés aux prédateurs. L’espérance de vie des phoques communs est d’environ 30 à 35 ans, mais elle diffère selon le sexe : les femelles vivent plus longtemps. Les mâles vivent environ 25 à 30 ans, tandis que les femelles vivent environ 30 à 35 ans.
Les jeunes phoques sont très joueurs ; ils interagissent souvent entre eux et avec des objets flottants dans l’eau, ce qui les aide à développer leurs compétences sociales et de chasse. Leurs principaux prédateurs sont les requins, les orques et, plus rarement, les ours polaires. Bien que leur odorat soit peu développé dans l’eau, hors de l’eau ils peuvent détecter les odeurs pour communiquer et reconnaître leurs petits. Pendant la période de reproduction, les mères sont extrêmement protectrices et utilisent des vocalisations spécifiques pour appeler et guider leurs petits.
Les phoques communs ont également une remarquable capacité d’apprentissage et de mémoire, leur permettant de se souvenir des routes de migration et des zones de chasse, ce qui est crucial pour leur survie dans des environnements changeants. Leur comportement social pendant la mue est particulièrement intéressant : ils se rassemblent en grands groupes, ce qui offre une protection contre les prédateurs et favorise les interactions sociales. Ce comportement collectif constitue aussi une stratégie pour partager des informations sur les meilleures zones d’alimentation et de repos.
De plus, les phoques communs peuvent adapter leur régime et leurs comportements de chasse selon la disponibilité des proies, démontrant une grande capacité d’adaptation. Ce trait les aide à survivre dans divers environnements et face aux fluctuations des populations de proies.