Tortue d'Hermann
Espèce
Testudo hermanni
Ordre
Testudines
Famille
Testudinidae
Danger d’extinction
Quasi menacée (NT)
La tortue d’Hermann (Testudo hermanni) est une tortue terrestre caractéristique des environnements chauds du sud de l’Europe, notamment en Espagne, en France, en Italie et dans les Balkans. Elle se reconnaît facilement grâce à sa carapace arrondie et à sa coloration jaune et noire distinctive, avec des motifs bien définis qui varient selon les individus.
La tortue d’Hermann est l’une des cinq espèces traditionnellement classées dans le genre Testudo. C’est un reptile herbivore et diurne, qui peut atteindre une longévité comparable à celle de l’homme.
Sa taille varie selon les sous-espèces : T. h. hermanni atteint jusqu’à 18 cm, tandis que T. h. boettgeri peut mesurer jusqu’à 28 cm. Sa carapace présente des motifs jaunes et noirs bien définis.
Les mâles se distinguent par une queue plus longue et plus large et un plastron concave.
Elle peut vivre plus de 50 ans, voire dépasser 100 ans en conditions optimales.
Les tortues possèdent une excellente vue, capables de distinguer formes et couleurs, et même de reconnaître des personnes. Leur sens de l’orientation est remarquable : déplacées de plusieurs centaines de mètres de leur territoire, elles retrouvent rapidement leur chemin. Bien qu’elles n’aient pas l’ouïe développée, elles sont très sensibles aux vibrations du sol. Leur odorat, en revanche, est bien développé et essentiel pour rechercher nourriture et partenaires.
Espèce paléarctique, la tortue d’Hermann n’habite que le sud de l’Europe, depuis l’Espagne jusqu’à la Roumanie, y compris les grandes îles méditerranéennes (Sardaigne, Corse, Sicile). Son habitat est typiquement méditerranéen, avec des hivers doux et modérément pluvieux et des étés secs et chauds.
Animaux ectothermes, elles s’exposent au soleil le matin pour réchauffer leur corps et activer leur métabolisme. Au-delà de 27 °C, elles deviennent apathiques et s’abritent dans des creux ou sous la végétation pour se rafraîchir. En automne, elles cessent de s’alimenter jusqu’à 20 jours pour vider leur intestin, puis s’enterrent ou se réfugient dans des abris pour hiberner (novembre-décembre selon la latitude).
La maturité sexuelle survient vers 9 ans. Espèces ovipares, les femelles creusent des trous pour pondre 2 à 3 fois par an (mai-juin). Le nombre d’œufs dépend de la taille de l’individu. L’incubation dure 2 à 3 mois. Le sexe des jeunes dépend de la température d’incubation : en dessous de 31,5 °C, ce sont des mâles ; au-dessus, des femelles.
Le régime alimentaire est surtout végétarien, basé sur des plantes sauvages riches en calcium et fibres (luzerne, pissenlit, trèfle, plantain, romarin, sauge, chicorée, etc.). En cas de sécheresse, elles consomment aussi arthropodes, escargots, excréments ou petits morceaux de charognes. Les escargots leur apportent un apport vital en calcium pour leur carapace.
Le nom spécifique « hermanni » rend hommage au naturaliste français Johann Hermann.
En captivité, elles sont souvent suralimentées. Elles ne doivent jamais recevoir de viande, lait, fromage, nourriture pour chiens/chats, œufs, pain, agrumes ni kiwis. Elles doivent disposer d’eau propre pour boire et se baigner.
La destruction des habitats, la captivité illégale comme animal de compagnie et l’urbanisation menacent gravement leurs populations sauvages.
Les populations déclinent fortement à cause de l’agriculture mécanisée, des pesticides, des incendies, de la circulation routière, de l’introduction de nouveaux prédateurs et du braconnage.